La création d’une Société par Actions Simplifiée représente aujourd’hui un passage obligé pour de nombreux entrepreneurs français souhaitant bénéficier d’une structure flexible et moderne. Avec plus de 200 000 nouvelles SAS immatriculées chaque année en France, cette forme juridique séduit par sa souplesse de fonctionnement et ses avantages fiscaux. La dématérialisation des procédures, notamment via la plateforme Infogreffe, a révolutionné l’approche traditionnelle de la création d’entreprise, permettant une gestion entièrement numérique des formalités administratives. Cette évolution technologique s’accompagne néanmoins de spécificités techniques et tarifaires qu’il convient de maîtriser pour optimiser votre démarche entrepreneuriale.

Procédure de création SAS sur la plateforme infogreffe : étapes techniques et documents requis

Prérequis réglementaires pour la constitution d’une SAS selon le code de commerce

La constitution d’une Société par Actions Simplifiée obéit à un cadre juridique précis défini par les articles L227-1 et suivants du Code de commerce. Cette réglementation impose des conditions strictes concernant la capacité juridique des associés, l’objet social licite et la conformité aux bonnes mœurs. Le nombre minimum d’actionnaires requis s’établit à deux personnes physiques ou morales, sans limitation maximale, offrant ainsi une flexibilité appréciable pour les projets entrepreneuriaux de grande envergure.

Le capital social minimum légal de 1 euro symbolique permet une accessibilité remarquable, bien que les praticiens recommandent généralement un montant plus substantiel pour crédibiliser l’entreprise auprès des partenaires commerciaux et financiers. La libération immédiate de 50% des apports en numéraire constitue une obligation incontournable, le solde devant être versé dans un délai maximal de cinq années suivant l’immatriculation.

Documents obligatoires : statuts, formulaire M0 et attestation de dépôt de capital

La constitution du dossier d’immatriculation requiert la production de pièces justificatives spécifiques dont la complétude conditionne l’aboutissement de la procédure. Les statuts constitutifs, signés par l’ensemble des associés fondateurs, doivent comporter les mentions légales obligatoires : dénomination sociale unique, forme juridique, siège social, objet social détaillé, durée de la société et montant du capital social. Ces documents fondamentaux organisent le fonctionnement interne de la société et définissent les relations entre actionnaires.

Le formulaire M0 de création d’entreprise centralise les informations administratives nécessaires à l’identification de la société auprès des organismes officiels. Cette déclaration standardisée facilite la transmission automatique des données vers l’INSEE, l’URSSAF, les services fiscaux et les organismes sociaux compétents selon la nature de l’activité exercée.

Nomination du président et définition de l’objet social conforme aux codes NAF

La désignation du président de SAS peut s’effectuer directement dans les statuts ou par acte séparé postérieur à la signature des actes constitutifs. Cette fonction dirigeante confère automatiquement le statut d’assimilé salarié au bénéficiaire, générant une affiliation au régime général de la sécurité sociale avec les avantages sociaux correspondants, à l’exclusion notable de l’assurance chômage.

L’objet social détermine le périmètre d’activité autorisé et conditionne l’attribution du code NAF par l’INSEE. Une rédaction précise mais suffisamment large permet d’éviter les modifications statutaires ultérieures coûteuses. L’harmonisation avec la nomenclature officielle des codes d’activité française facilite l’identification sectorielle et l’application des réglementations spécifiques selon le domaine d’intervention.

Création du compte utilisateur sur guichet-entreprises.fr via infogreffe

Depuis janvier 2023, le guichet unique électronique géré par l’INPI centralise l’ensemble des formalités d’entreprise, remplaçant progressivement les anciens centres de formalités des entreprises. La création d’un compte utilisateur sécurisé constitue le préalable indispensable à toute démarche dématérialisée. L’authentification forte via FranceConnect ou certificat numérique garantit la confidentialité des échanges et la traçabilité des opérations.

L’interface utilisateur intuitive guide les déclarants à travers les différentes étapes du processus d’immatriculation. Le système de sauvegarde automatique préserve les données saisies en cas d’interruption de session, permettant une reprise ultérieure sans perte d’information. Cette fonctionnalité s’avère particulièrement utile compte tenu de la complexité et de la durée potentielle de la procédure complète.

Structure tarifaire infogreffe 2024 : frais de greffe, publication BODACC et options complémentaires

Tarifs officiels des greffes des tribunaux de commerce français

La tarification des formalités d’immatriculation obéit à un barème réglementaire uniforme sur l’ensemble du territoire français, fixé par décret ministériel. Pour l’année 2024, les émoluments du greffe s’élèvent à 35,59 euros TTC pour une création simple de société commerciale, montant auquel s’ajoute obligatoirement la déclaration des bénéficiaires effectifs facturée 20,34 euros TTC.

Ces tarifs officiels ne varient pas selon la complexité du dossier ou la taille de l’entreprise créée, garantissant une équité de traitement pour tous les entrepreneurs. La transparence tarifaire constitue un avantage notable du système français comparativement à d’autres juridictions européennes où les honoraires professionnels peuvent représenter des montants significatifs.

Les frais de greffe français figurent parmi les plus compétitifs d’Europe, facilitant l’entrepreneuriat et l’attractivité économique du territoire national.

Coûts de publication au bulletin officiel des annonces civiles et commerciales

La publication obligatoire au BODACC garantit la transparence de l’information économique et la sécurité juridique des transactions commerciales. Cette formalité, entièrement automatisée, génère des frais additionnels de 4,18 euros TTC intégrés dans la facturation globale du greffe. Le délai de parution standard n’excède pas 15 jours ouvrables suivant la validation définitive du dossier d’immatriculation.

L’accès numérique gratuit aux archives BODACC permet aux tiers de vérifier l’existence juridique et la situation administrative de toute entreprise française. Cette base de données officielle constitue une référence incontournable pour les vérifications de solvabilité et les audits de conformité réglementaire.

Frais additionnels : dépôt d’actes modificatifs et certificats d’existence

Les modifications statutaires ultérieures génèrent des coûts supplémentaires variables selon la nature des changements apportés. Une modification standard (changement d’adresse, augmentation de capital, nomination de dirigeants) s’établit à 192,01 euros TTC, tandis que les opérations complexes comme les fusions ou transformations peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros.

L’obtention d’extraits Kbis certifiés représente un service récurrent facturé 2,96 euros TTC par exemplaire en version numérique et 4,01 euros TTC en format papier. Ces documents officiels attestent de l’existence juridique et doivent souvent être produits récents (moins de 3 mois) dans le cadre des relations d’affaires ou des démarches administratives.

Comparaison tarifaire avec les centres de formalités des entreprises CFE

L’harmonisation tarifaire nationale élimine les disparités géographiques précédemment observées entre les différents centres de formalités. Cette uniformisation simplifie la planification budgétaire des entrepreneurs et évite les stratégies d’optimisation géographique parfois pratiquées par le passé.

Type de formalité Tarif 2024 (TTC) Délai moyen
Immatriculation SAS 35,59 € 5-7 jours
Déclaration bénéficiaires effectifs 20,34 € 1-2 jours
Publication BODACC 4,18 € 3-5 jours
Total création SAS 60,11 € 7-10 jours

Délais de traitement administratif : instruction par le greffe du tribunal de commerce

L’instruction administrative d’un dossier de création SAS s’effectue selon un calendrier prévisible mais variable en fonction de plusieurs paramètres externes. La charge de travail saisonnière des greffes influence significativement les délais de traitement, avec des pics d’activité observés traditionnellement en janvier et septembre correspondant aux périodes de création d’entreprise les plus intenses.

Un dossier complet et conforme aux exigences réglementaires bénéficie généralement d’un traitement accéléré dans un délai moyen de 5 à 7 jours ouvrables. Cette rapidité d’exécution témoigne de l’efficacité du système de dématérialisation français et de la professionnalisation des services de greffe. La qualité de la préparation initiale détermine largement la fluidité du processus d’immatriculation.

Les cas complexes nécessitant des vérifications approfondies ou des échanges avec les déclarants peuvent prolonger l’instruction jusqu’à 15 jours ouvrables. Ces situations concernent principalement les activités réglementées, les apports en nature nécessitant une évaluation de commissaire aux apports, ou les structures capitalistiques atypiques requirent un examen juridique particulier.

Le système de notification électronique informe instantanément les déclarants de l’avancement de leur dossier via des alertes automatisées. Cette traçabilité en temps réel permet une gestion proactive des éventuelles demandes de complément d’information et accélère les délais de régularisation. Avez-vous déjà expérimenté cette réactivité administrative dans vos démarches entrepreneuriales précédentes ?

Processus de validation du dossier de constitution par les services d’infogreffe

Contrôle de conformité des statuts par les greffiers

L’examen minutieux des statuts constitutifs représente une étape cruciale du processus de validation administrative. Les greffiers vérifient systématiquement la cohérence juridique des clauses statutaires, leur conformité aux dispositions impératives du Code de commerce et l’absence de contradictions internes susceptibles de compromettre le fonctionnement futur de la société.

Cette vérification porte notamment sur la licéité de l’objet social, la validité des mécanismes de gouvernance prévus et le respect des règles de majorité pour les décisions collectives. Les clauses innovantes ou atypiques font l’objet d’un examen approfondi pour s’assurer de leur compatibilité avec le cadre légal applicable aux sociétés par actions simplifiées.

Vérification de la domiciliation d’entreprise et justificatifs d’occupation

La justification de la domiciliation constitue un prérequis incontournable pour l’obtention de l’immatriculation. Les greffiers examinent scrupuleusement les titres d’occupation produits (bail commercial, contrat de domiciliation, titre de propriété) pour s’assurer de leur authenticité et de leur validité juridique. Cette vérification préventive évite les contestations ultérieures et garantit la stabilité de l’adresse sociale déclarée.

Les solutions de domiciliation commerciale gagnent en popularité auprès des entrepreneurs, offrant flexibilité et services annexes à des tarifs compétitifs. Ces prestataires agréés facilitent les formalités administratives tout en respectant les obligations réglementaires de contrôle et de déclaration imposées par la législation anti-blanchiment.

Validation du capital social minimum de 1 euro et modalités de libération

Bien que la loi autorise un capital social symbolique d’1 euro, la pratique révèle des montants moyens significativement supérieurs, généralement compris entre 1 000 et 10 000 euros selon les secteurs d’activité. Cette approche pragmatique reflète la nécessité de crédibiliser l’entreprise auprès des partenaires commerciaux et de disposer des ressources initiales suffisantes pour le démarrage effectif de l’activité.

Les modalités de libération du capital font l’objet d’un contrôle rigoureux par les services de greffe. L’attestation de dépôt délivrée par l’établissement dépositaire doit mentionner explicitement le montant versé, la dénomination sociale de la société en formation et la qualification du signataire autorisé. Cette traçabilité financière garantit la réalité des apports déclarés et prévient les risques de constitution fictive de société.

Procédure de correction en cas de rejet du dossier de création

Le rejet d’un dossier d’immatriculation déclenche automatiquement une procédure de notification détaillée précisant les motifs d’irrecevabilité et les corrections attendues. Cette communication, transmise par voie électronique sécurisée, offre un délai de régularisation de 15 jours calendaires sans frais supplémentaires, encourageant ainsi la résolution rapide des difficultés identifiées.

Les motifs de rejet les plus fréquemment observés concernent l’incomplétude du dossier (pièces manquantes, signatures absentes), la non-conformité des justificatifs produits ou les incohérences entre les différents documents constitutifs. La centralisation des communications via l’espace personnel sécurisé facilite les échanges et accélère la résolution des problématiques rencontrées.

Un dossier bien préparé évite 90% des rejets administratifs et garantit une immatriculation fluide dans les délais annoncés.

Immatriculation au registre du commerce et des sociétés RCS : obtention

du Kbis définitif

L’immatriculation effective au Registre du commerce et des sociétés matérialise l’acquisition de la personnalité morale par la société nouvellement créée. Cette étape finale du processus administratif confère à l’entité juridique tous les droits et obligations inhérents à son statut de société commerciale, notamment la capacité contractuelle, la possibilité d’ester en justice et l’aptitude à acquérir des biens mobiliers ou immobiliers.

L’extrait Kbis définitif, véritable « carte d’identité » de l’entreprise, est automatiquement généré dans les 24 à 48 heures suivant la validation du dossier d’immatriculation. Ce document officiel centralise l’ensemble des informations juridiques, administratives et financières de la société, facilitant ainsi les relations commerciales et les démarches administratives ultérieures. La dématérialisation complète de ce processus permet un accès immédiat via l’espace personnel sécurisé du déclarant.

Le numéro SIREN attribué par l’INSEE constitue l’identifiant unique et permanent de l’entreprise dans le système d’information économique français. Cette codification normalisée facilite les échanges inter-administratifs et garantit la traçabilité des opérations commerciales tout au long de la vie sociale. L’activation simultanée du numéro SIRET pour l’établissement principal permet le démarrage immédiat de l’activité déclarée.

La transmission automatique des données d’immatriculation vers les organismes partenaires (URSSAF, services fiscaux, caisses de retraite) optimise l’intégration administrative de la nouvelle entreprise. Cette interconnexion systémique évite les démarches redondantes et garantit une mise à jour cohérente des fichiers officiels dans un délai maximum de 15 jours ouvrables.

Alternatives numériques à infogreffe : comparaison avec LegalPlace, captain contrat et legalstart

L’émergence des legaltech françaises a considérablement enrichi l’écosystème de la création d’entreprise, offrant aux entrepreneurs des alternatives innovantes aux services traditionnels des greffes. Ces plateformes numériques spécialisées proposent des parcours utilisateur optimisés, une assistance juridique personnalisée et des forfaits tout inclus particulièrement attractifs pour les créateurs d’entreprise novices ou pressés.

LegalPlace se distingue par son approche pédagogique et son accompagnement personnalisé, proposant des créations de SAS à partir de 149 euros TTC avec garantie de conformité juridique. Cette plateforme mise sur la transparence tarifaire et l’absence de frais cachés, incluant systématiquement la rédaction des statuts, la publication de l’annonce légale et les frais de greffe dans ses forfaits standard. L’assistance téléphonique dédiée représente un avantage concurrentiel apprécié par les entrepreneurs débutants.

Captain Contrat privilégie une approche technologique avancée avec son interface conversationnelle guidant pas à pas les utilisateurs dans leurs choix statutaires. Leurs tarifs démarrent à 199 euros TTC pour une création complète de SAS, incluant une révision juridique par des avocats partenaires et une garantie satisfait ou remboursé de 30 jours. La plateforme excelle particulièrement dans la gestion des structures complexes nécessitant des clauses statutaires spécifiques.

Legalstart, pionnier du secteur en France, capitalise sur son expérience de plus de 100 000 entreprises créées pour proposer des services industrialisés à des tarifs compétitifs démarrant à 169 euros TTC. Leur force réside dans l’automatisation poussée des processus et la rapidité d’exécution, avec des délais d’immatriculation souvent inférieurs à ceux du circuit traditionnel grâce à leur maîtrise des procédures dématérialisées.

Plateforme Tarif création SAS Services inclus Délai moyen
Infogreffe direct 60,11 € + annonce légale Immatriculation uniquement 7-10 jours
LegalPlace 149 € TTC tout inclus Statuts + annonce + formalités 5-7 jours
Captain Contrat 199 € TTC tout inclus Statuts + révision + formalités 3-5 jours
Legalstart 169 € TTC tout inclus Statuts automatisés + formalités 4-6 jours

La valeur ajoutée de ces plateformes spécialisées réside principalement dans leur capacité à démocratiser l’accès aux services juridiques et à simplifier des procédures traditionnellement complexes. Leur expertise sectorielle leur permet d’anticiper les écueils courants et de proposer des solutions préventives, réduisant significativement les risques de rejet administratif ou d’erreurs statutaires coûteuses.

L’accompagnement post-création constitue un autre différenciateur majeur, avec des services de mise en conformité, de gestion comptable simplifiée et de conseil juridique permanent inclus dans certains forfaits premium. Cette approche globale répond aux attentes des entrepreneurs souhaitant se concentrer sur leur cœur de métier plutôt que sur les aspects administratifs de leur entreprise.

Le choix entre Infogreffe et les alternatives legaltech dépend essentiellement de votre niveau d’expertise juridique et de votre besoin d’accompagnement personnalisé.

Cependant, il convient de noter que ces plateformes privées appliquent des marges commerciales sur les tarifs officiels, expliquant des coûts globaux supérieurs à une démarche directe via Infogreffe. Cette différence tarifaire se justifie par la valeur ajoutée apportée : gain de temps, sécurisation juridique, simplification des démarches et support client dédié. Pour des entrepreneurs expérimentés maîtrisant les aspects juridiques, la voie directe via Infogreffe reste l’option la plus économique.

L’évolution réglementaire vers le guichet unique de l’INPI tend progressivement à homogénéiser les délais de traitement, quelle que soit la voie choisie pour les formalités d’immatriculation. Cette standardisation renforce l’importance des services à valeur ajoutée proposés par les legaltech dans leur positionnement concurrentiel face aux circuits administratifs traditionnels.